mar 0823

Google Trends, qui cherche quoi? L’omniscience de Google

L’outil en ligne Google Trends, s’il a fait parler nombre d’experts, n’est encore cependant pas bien connu du grand public. Je vais tenter de vous montrer du mieux que je peux l’immensité de ce service web.

Un exemple flagrant pour vous inciter à lire la suite :

Resultats pour le mot musique

Résultats donnés par Google Trends pour le mot-clé “musique

 

Lorsqu’on tappe “musique” dans la recherche de Trends, on s’aperçoit qu’autour du 21 Juin, il y a un pic de recherche sur ce mot-clé. Les gros titres (américains) sont associés à des pics de recherche, pour tenter de les expliquer. Ici, ils parlent de la fête de la musique. Ce phénomène est beaucoup plus net si vous entrez le terme “halloween“.

D’autres exemples :

Resultats pour le mot cadeau

Si on tappe “cadeau“, on obtient une courbe assez folle aux alentours de Noël, puis un second léger pic quelques jours plus tard.

 

Resultats pour le mot plage

Si on tappe “plage“, on devine la période de vacances scolaires d’été.

En fait, Google Trends nous répond à la question “qui cherche quoi?”. S’il permet de rendre compte de certains phénomènes de consommation, il permet également de savoir ce que les gens pensent. Plus concrètement, Google Trends sert à mesurer la popularité d’un mot, d’un concept ou même d’une personne sur internet. Il est également possible de comparer deux mots-clés, en les séparant par une virgule. Un autre exemple :

Résultats pour les entrées “Sarkozy” et “Royal

 

On s’aperçoit vite qu’il faut se méfier de certains biais, comme ici, si on compare “Sarkozy, Royal“, on a l’impression que Ségolène Royal a plus sollicité de recherches que son concurrent, alors qu’en ajoutant son prénom dans le champ de recherche, on obtient un résultat beaucoup plus crédible.

Résultats pour les entrées “Nicolas Sarkozy” et “Segolene Royal

 

Remarque: le graphique principal représente la popularité du mot clé dans les recherches effectuées sur Google en fonction du temps, et le deuxième, plus petit et en dessous, représente quant à lui le nombre de fois que le sujet a été mentionné dans les actualités (référencées par Google). Le tout par pays, par langage et par région/ville. C’est un certain moyen d’appréhender la relation média/consommateur. Après, qui influence l’autre, ce n’est pas mon débat!

Cependant, j’ai remarqué que, les accents étant pris en compte par Google Trends, le précédent graphique n’est plus fiable. En effet, il laisse de côté ces données-là (et ici le graphique des actualités est logique) :

Résultats pour les entrées “Nicolas Sarkozy” et “Ségolène Royal

On peut donc supposer que les recherches concernant Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont à peu près égales, si on réduit les marges d’erreur (dues à la double signification du mot “royal“) et si on additionne les résultats des deux recherches. Il faut bien savoir que, tel qu’il est délivré publiquement, le service Google Trends représente un indice, et rien d’autre. Car on n’a pas accès aux chiffres.

Je suis sûr que vous trouverez des exemples plus complexes à étudier, je me suis cantonné à donner un bref aperçu des principales fonctionnalités de la bête.

Pour finir je dirais qu’il n’y a presque pas de limites pour Google Trends, si ce n’est le nombre de gens qui utilisent le moteur de recherche éponyme… Les statistiques qu’il génère sont tellement énormes que si tous les chiffres étaient révélés, cela ouvrirait tout un pan de sujets de recherche. Je pense que Google Trends marque un pas dans l’avancée de l’Homme en permettant d’enregistrer en temps réel les désirs de populations entières. Comme le dit John Battelle dans son livre The Search, il s’agit de “la base de donnée de nos intentions“, base de donnée qui grossit tous les jours, en enregistrant des millions de mots-clé par minute. Google serait-il omniscient?

Pour aller plus loin, je vous propose de lire l’excellent article de Martin Lessard sur ZeroSeconde, ainsi que ce dossier sur la rétro-engéniérie de Google Trends, qui tente d’extraire les données de la base de Trends en comptant les pixels du graphe (sacré boulot!). Vous pourriez également faire un tour sur Hou-Hou et Embruns, qui se servent de Google Trends d’une manière… décalée.



Cet article a été publié le Dimanche 23 mars 2008 à 22:55 et est classé dans Marketing, Services Web. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.

4 commentaires pour le billet “Google Trends, qui cherche quoi? L’omniscience de Google”

  1. Julien dit :

    Hello,

    très intéressant cette article, surtout pour lancer des campagnes publicitaires…

  2. Ben dit :

    Merci! :D

    C’est clair que c’est un sacré outil marketing… Même si il n’y a pas les chiffres, je trouve Google Trends plus évocateur que certains autres services du même style.

  3. Martin Lessard dit :

    Très bien illustré.

    Les graphiques permettent de vraiment voir le potentiel de l’outil. Évidemment, l’absence de données réelles en limite grandement son usage, mais en tant qu’indice, on a suffisamment de détails pour dégager des hypothèses. Hypothèses qui doivent être toujours remis dans son contexte puisque nous avons ici affaire avec des données lexicographiques et non sociologiques.

  4. Ben dit :

    Je suis flatté que vous ayez pris le temps d’écrire un commentaire. Vous tenez la conclusion que j’aurais aimé écrire! A bientôt, Professeur.

Laisser un commentaire